Événements historiques

Retrouvez ci-après des histoires locales historiques sur notre commune de Pontorson.

Anciens Capitaines de Pontorson

La place-forte fut édifiée en 1031 par le Duc de Normandie, Robert le Magnifique  pour défendre le passage du Couesnon contre les incursions Bretonnes. Elle conservera ensuite sa position stratégique pendant tout le Moyen-Âge.

Période anglo-normande (1066-1204)

En 1135, Henri 1er d’Angleterre  fait construire un nouveau château sur les bords du Couesnon.

  • Avant 1162 : Bertram de Verdun , sherif de Warwick et de Leicester.
  • Vers 1162 : Aquilin des Fours, destitué par Henri II  en raison de ses pillages et exactions dans l’Avranchin.
  • 1162-1172 : Robert de Thorigny , abbé du Mont-Saint-Michel.
  • 1172-1204 : Guillaume du Hommet , connétable de Normandie.

Période bretonne (1204-1223)

Le titre de capitaine de Pontorson est ensuite attribué par les rois de France aux officiers de la Couronne.

  • ?
  • v. 1352-v.1355 : Arnoul d’Audrehem , Maréchal de France et lieutenant du Roi en Normandie. Il laisse la garde de la place-forte de Pontorson à ses lieutenants, en 1352 à Robert de Houdetot (grand-maître des arbaletriers du Roi et sénéchal d’Agenais) et en 1354 à Jean de la Heuse, dit le Beaudran.
  • v.1356-1361 : Pierre de Villiers, capitaine de Pontorson et de Saint-James en 1357.
  • 1361-1380 : Bertrand Du Guesclin , connétable de France.
  • 1380-1407 : Olivier de Clisson , connétable de France.

Occupation anglaise (1418-1450)

Période Française et guerres de religion

  • ?
  • v.1495-1501 : René Bourré, fils de Jean Bourré, argentier de Louis XI.
  • 1562-1574 : Gabriel Ier de Montgommery  ?
  • 15 juin 1574 à 1582 : Esme de Vambais (meurt le 6 juin 1582).
  • 15 mars 1585 à 1590 : René de Vambais, Sieur de Fleurimont, capitaine et gouverneur pour le Roi de la Ville et château de Pontorson. Le 23 avril 1590 les habitants de Pontorson ouvrent leur porte au capitaine huguenot de Saint-Quentin qui, avec deux cents soldats vient prendre possession de la ville. René de Vambais résiste et le château reste entre ses mains. Le 6 juin de la même année, Saint-Quentin tente de s’en emparer. Il est renversé en montant à l’assaut et blessé mortellement pour le gouverneur en personne. Mais le château de Pontorson pliera sous l’assaut de Gabriel II de Montgomery et René de Vambais s’enfuira au Mont-Saint-Michel.
  • 1591-1621 : Gabriel II de Montgommery , seigneur de Ducey.

Anciens paiements et quittances

Voici quelques paiements et quittances retrouvés pour des travaux réalisés sur la forteresse de Pontorson :

N° 587, 29 octobre 1402

Quittance de Thomas Gautier, de la paroisse de Sougéal en Bretagne, à Regnault Filz, vicomte d’Avranches, de 45 s. t., pour fourniture de bois pour les ponts dormants de Pontorson, « passans et traversans dud. lieu de Pontorson par dessous la rivère de Coisnon ou pais de Bretaigne, par dessus lesqueilx pons il est necessité trespasser du pais de Normendie en Bretaigne et de celui de Bretaigne en Normendie ». [Ms. fr. 26032, n° 3380]


N° 588, 12 novembre 1402

Quittance de Lorin Gueret, charpentier de Pontorson, à Regnault Filz, de 12s. t., pour qutre journées de travaux exécutés aux ponts dormants de Pontorson. [Ms. fr. 27731, dossier La Fresnoys, n° 16]


N° 589, 1er décembre 1402

Quittance de Lorin Gueret, charpentier de Pontorson, à Regnault Filz, de 20s. t., pour fourniture de chênes employés aux travaux des ponts dormants de Pontorson. [Ms. fr. 27731, dossier La Fresnoys, n° 17]


N° 590, 24 décembre 1402

Quittance de Lorent Gueret, charpentier, à Regnault Filz, de 50 s. t., pour travaux de charpenterie au château de Pontorson (prison de la basse fosse, sous la grosse tour du château). [Ms. fr. 27731, dossier La Fresnoys, n° 18]


N° 591, 4 janvier 1413

Quittance de Jean La Hade, de Pontorson, à Massot du Boulay, vicomte de Pontorson, de 52 l. t., pour tâche à lui baillée hâtivement de réparer, « pour le grand doubte des anemis et des perilz et fortunes qui se pouvoient ensuir », une brèche du mur de la ville de Pontorson, vers la rivière de Couesnon. [Ms. fr. 26039, n° 4687]


N° 592, 4 janvier 1413

Quittance de Lorin Gueret, charpentier, demeurant à Pontorson, à Massot du Boulay, de 156 l. 11 s. t., pour travaux de charpenterie hâtivement faits au château de Pontorson par ordonnance du Borgne de la Heuze et de mons. d’Estirmont, son lieutenant (guérites sur les deux tours de la porte du Couesnon, sur la porte de Caugie et sur le palis entre le pont dormant et la porte du château, tour neuve, ect.). [Ms. fr. 26039, n° 4688]


N° 593, 8 janvier 1413

Quittance de Jean Bérenger, charpentier, à Massot du Boulay, de 8l., pour travaux aux douves de Pontorson et pour avoir vidé « la pierre et terre de l’arche qui soulloit estre, qui escouppit le cours d’icellui [Couesnon], laquelle et le mur de dessus furent abattus quant les ennemis furent devant ladite ville ». [Ms. fr. 26039, n° 4693]


N° 594, 9 janvier 1413

Quittance de Colinet Babelue, le jeune, à Massot du Boulay, de 55s. à lui dus pour couvert « des pertuiz sur la tour où demeure le vicomte et pour aller plus sûrement des guerites d’icelle quand les Anglais estoient devant » Pontorson. [Ms. fr. 26039, n° 4695]


14 avril 1413 – Chambre des Comptes n° 19.124 [1]

A la requête de Guillaume Le Bourdelois, fermier du tabellionnage de Pontorson, information (Pontorson) de Jean Le Vavasseur lieutenant de Massot du Boulley Vte d’Avranches relative aux destructions de cette ville.
Selon le témoignage de Jehan LA HACHE bourgeois de Pontorson âgé de 50 ans, les gens du comte d’Alençon et autres tenant le parti d’Orléans ont investi sa ville le 30 avril 1412 et illecs firent plusieurs assaults, l’eschellerent et minerent le mur d’icelle ville en plusieurs lieux, et en euls retournants prindrent, ranconnerent et pillerent tous le pays et les gens d’environ lad ville (…) par quoy, les gens, manans et habitans s’en alerent, fuyrent et delesserent led pays, les aucuns ès parties du Cotentin, les autres en Bretagne et en autre pais, et mesmement les Anglois vindrent et descendirent end pais a mois d’aoust ensuiv. de celui d’avril lesquels firent semblablement plusieurs grands maulx et dommages etc…
Les autres témoins sont Guillaume ROGERON avocat de 60 ans, Philippe LE LARDEUR esc. 28 ans, Guillemin du CHEMIN, esc. 45 ans, Jean POULAIN, sergent de Pontorson.
Le tabellion le Bourdelois, installé en 1411 ne put passer aucun acte alors qu’il devait 80 l. par an au Roi pour sa ferme.


8 mai 1483 – Chambre des comptes n° 8 206 [1]

Lettre enjoignant aux gens des comptes de régler les factures présentées par  Guillaume LE ROI commis par L. du 05/04/1480 à tenir le compte des réparations des fortifications de Pontorson. Il opéra sous la direction successive des capitaines Me Pierre TUVACHE, Jacques DE SILLY et Olivier DE SILLY son frères, esc. d’écurie.

[1] Ces informations furent transmises par Monsieur Bertrand PARIS, Historien Normand et Membre de la Société des Antiquaires de Normandie.

Anciens privilèges

Les anciens et précieux privilèges des habitants de Pontorson

Les habitants de Pontorson ont bénéficié d’une Charte (ou Charte de franchises), accordée par le monarque anglais Henri II, duc de Normandie, et originairement concédée par Henri Ier au début du XIIème siècle. Antérieure aux Chartes des communes les plus célèbres de France, elle est un des documents les plus anciens de la jurisprudence française.

Cette grande faveur fut accordée à la cité dans la seconde moitié du XIIème siècle : l’octroi par Henri II d’Angleterre, d’une Charte de précieux privilèges, qui régit les habitants pendant plusieurs siècles. Ce fut probablement en juillet 1 166, pendant qu’il faisait le siège du château de Fougères, que le Roi-duc délivra ce titre. Une copie de ce document porte qu’il fut donné « Apud Furgerias », que l’on est autorisé à traduire par Fougères. En guerre contre le Bretons, le monarque anglais sentant le besoin de s’assurer la fidélité des Pontorsonnais, leur octroya les franchises accordées par son prédécesseur Henri Ier aux habitants de Verneuil, au début du XIIème siècle.

Ce précieux document, l’un des plus ancien et des plus curieux de la jurisprudence française, ayant été publié, on n’en citera ici que les principaux passages :

  • Le roi Henri exempte les bourgeois de Pontorson du service d’ost et de chevauchée.
  • De tous droits pour leurs marchandises pendant les trois premières années.
  • De tous droits sur ce qu’ils achètent pour leur vêtement et leur nourriture.
  • Les bourgeois peuvent construire autant de maison qu’il leur plaira sur leur propre fond ; ils ne payeront d’impôt que sur leur propre habitation, soit douze deniers par an.
  • Si la maison d’un habitant est saisie pour dettes, celui-ci peut encore continuer de l’habiter pendant un an et un jour.
  • À chaque habitant le roi concède trois acres de terre et un jardin pour son étalage les jours de marché.
  • Le roi Henri accorde aux habitants de Pontorson le privilège de n’être jugé que dans leur ville, et d’y évoquer les causes qui les concernent.
  • Le bourgeois accusé par le prêteur peut se justifier lui-même sans témoin, la première fois. S’il fourni caution, il ne sera pas incarcéré ; s’il ne trouve pas de garant, il ira librement en prison, et en sortira en payant son prix.
  • En cas d’absence d’un accusé, sa famille ne répondra pour lui qu’au bout d’un an et un jour.
  • Si une femme a été mêlée à une rixe pendant l’absence de son mari, pourvu qu’elle donne des garanties, elle ne sera citée en justice qu’après le retour de son époux.
  • Nul ne sera contraint d’aller devant le prêteur le soir, après la fermeture des portes, à moins qu’il ne s’agisse d’un étranger.
  • Quand le prêteur veut faire comparaître un habitant devant lui, si ce bourgeois est au bain, il se rendra à l’appel du prêteur quand il lui plaira de sortir du bain ; s’il est assis à sa table pour prendre son repas, il ne se lèvera qu’après avoir terminé.

La Charte énumère aussi les droits dus au Roi pour les marchandises passant par la ville, ou étalées sur le marché :

  • Toute charrette chargée de vin, de sel ou de froment, passant par la ville, doit payer deux deniers de péage, et autant pour le droit de vente.
  • Pour les chargements de draps, la taxe est fixée à quatre deniers par ballot.
  • Pour un millier de « sèches », ou poissons salés, la taxe est de quatre deniers. Même taxe pour le millier de harengs frais.
  • Pour chaque trousse de courtier, deux deniers de péage si la marchandise est mêlée.
  • Une toile de lin entière doit payer un denier ; un morceau, un denier.
  • Pour la vente sur le marché d’un cheval, d’un bœuf, deux deniers ; pour une vache, un denier ; pour un âne, un denier ; pour un porc, un denier ; pour un mouton, une chèvre, une obole.

Les droits de mouture (il est question des moulins de Pontorson en 1 180, indiqués dans les rôles de l’Echiquier de Normandie), les conditions dans lesquelles pourront être construits des fours et beaucoup d’autres points encore sont réglés avec une grande précision dans ce document.

Il est à remarquer que cette Charte reproduit mot à mot celle de Verneuil, dont le texte est aujourd’hui perdu. Cette Charte de Verneuil ne nous est connue que par la copie délivrée aux habitants de Pontorson.

Ces deux Chartes de Pontorson ne contiennent en fait pas exactement le même texte. La première comprend 48 articles très détaillés. La seconde Charte, constituée de 11 articles, serait une simple confirmation d’Henri I.

La comparaison entre les deux documents de Pontorson met en évidence quelques changements institutionnels ou plus simplement sémantiques : par exemple « burgencia » remplace le terme de « platea, prepositus » ceux de « pretor » et de « prelatus », et « serviens » celui de « nuncius ». On signale aussi l’apparition d’une nouvelle clause sur les réquisitions de chevaux et de voitures et note que certains détails ne font pas double emploi dans les deux textes (Les bourgs castraux de Nonancourt et de Verneuil-sur-Avre au XIIe siècle d’Astrid Lemoine-Descourtieux). Enfin en 1393, Charles VI sanctionna les privilèges que Henri II avait octroyés à Pontorson.

Les Privilèges des Bourgeois de Pontorson, par M. Paul LE CACHEUX, 1914. Deux Chartes durent délivrée par Henri II, pendant le siège de Fougère, en juillet 1 166.

Bataille de Pontorson entre les Vendéens et Républicains (1793)

Dans l’ancien territoire de Caugé à l’entrée de Pontorson, a été aussi le théâtre d’une bataille entre les Vendéens et les Républicains.

Quand l’armée vendéenne eut été repoussée de Granville , et que sa cavalerie eut poussé une pointe jusqu’à Villedieu , cette émigration de cent mille hommes, décimée et démoralisée, revint vers la Loire par la route qu’elle avait suivie peu de jours auparavant. Les troupes républicaines se mirent en mouvement pour prendre les Vendéens entre deux feux. Le Général Sepher , qui venait de Caen  avec l’armée dite des Côtes de Cherbourg , se mit à leur poursuite.

Le Général Marigny , posté à Sacey  avec 1 500 hommes de troupes légères, sur le sol de l’ancienne forteresse de Cheruel, ne bougea pas, par jalousie, dit-on, à l’égard du Général Tribout . Celui-ci commandait Pontorson avec 4 000 hommes. Il en envoya 600 pour couper le Pont de Pontaubault Lejeay et Forestier, deux officiers vendéens, attaquèrent cette troupe et la dispersèrent. « Ils allèrent jusqu’auprès de Pontorson, et, étant tous deux seuls en avant, ils se trouvèrent, au détour du chemin, en face de l’armée ennemie. Ils voulurent revenir, mais Forestier avait un cheval rétif qu’il ne put jamais faire retourner, il s’écria : « À moi, Lejeay ! Je suis perdu ! ». Lejeay revint, prit la bride du cheval : ils se sauvèrent au milieu d’une grêle de balles, et rejoignirent l’armée qui s’avançait. ».

L’armée ennemie était celle de Tribout , et le détour de la route auprès de Pontorson ne peut être que Caugé. Le Général Tribout , très-faible en face d’une trentaine de mille hommes, s’était établi au carrefour appelé Croix-de-la-Cage, et avait braqué ses canons sur la grande route, où ses flancs étaient sans défense. D’Autichamp  attaqua les Républicains avec la division de Beauchamp qui formait l’avant-garde : c’était vers le soir du 18 novembre 1793. L’artillerie des Républicains fit d’abord des ravages parmi les Vendéens, mais ils furent aisément débordés, pris en flanc, et enveloppée.

Chargés à la baïonnette, ils furent refoulés jusqu’à dans Pontorson, et là, dans les rues, presque tous furent taillés en pièces. L’affaire dura de 4 heures à 9 heures. On jeta une partie des cadavres dans des carrières qui s’appelèrent dès-lors les Perrières-ès-Morts : le sol est encore plein de balles, et on en trouve aussi sous l’écorce des vieux arbres.

Le Général Tribout  fut destitué. Forêt, un des meilleurs officiers vendéens, fut blessé à mort, et on brisa un canon pour mettre des chevaux à sa voiture. La route et les rues furent jonchées de cadavres, et on pourra juger de l’horreur de cette bataille nocturne par le récit de Madame DE LA ROCHEJACQUELEIN :

« J’arrivai en voiture sur les 9 heures du soir, comme le combat venait de finir. J’étais avec une femme de chambre qui portait ma pauvre petite fille. Messieurs Durivault et de Beauvolliers, tous deux blessés, étaient avec moi aussi. La voiture passait à chaque instant sur des cadavres ; les secousses que nous éprouvions lorsque les roues rencontraient ces corps, et le craquement des os qu’elles brisaient faisaient une impression affreuse. Quand il fallut descendre, un cadavre était sous la portière ; j’allais mettre le pied dessus, lorsqu’on le retira… ».

Les pertes vendéennes ne sont pas connues et celle des républicains font l’objet d’estimations très variables ; le représentant Louis Turreau  écrit au Comité de salut public  le 23 novembre que les Républicains n’ont pas perdu 20 hommes, de même les administrateurs de la Manche écrivent également au Comité que les Républicains ont perdu moins de 50 hommes. Le Général Tribout  déclare ne regretter que 100 soldats, les pertes sont de 300 tués et blessés selon le Général Kléber . Enfin, un nommé Lesouchu qui participe à l’inhumation des cadavres estime le nombre de républicains tués de 1 000 à 1 200.

Général Gaspard de Bernard de Marigny
Général Gaspard de Bernard de Marigny

Données administratives historiques

Ann.Hab.MaireAdj.CuréInsti.
18291456M. HedouinM. DuréM. Boissel?
1830-18311476M. TanguyM. DuréM. Boissel?
18321661M. TanguyM. JourdanM. Boissel?
18331661M. TanguyM. JourdanM. Boissel?
18341661M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18351661M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18361661M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18371796M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18381796M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18391796M. TanguyM. VaicleM. Garnier?
18401796M. TanguyM. VaicleM. Gilbert?
18411796M. TanguyM. VaicleM. Gilbert?
18421924?M. VaicleM. Gilbert?
18431924M. VaicleM. Le TemplierM. GilbertM. Marie
18441924M. Le TemplierM. LefrancM. GilbertM. Marie
18451924M. Le TemplierM. LefrancM. GilbertM. Marie
18461924M. Le TemplierM. LefrancM. GilbertM. Marie
18471996M. Le TemplierM. LefrancM. LepelleyM. Marie
18481996M. Le TemplierM. LefrancM. LepelleyM. Marie
18491996M. Le TemplierM. LefrancM. LepelleyM. Marie
18501996M. Le TemplierM. LefrancM. LepelleyM. Marie
18511996M. Le TemplierM. LefrancM. LepelleyM. Marie
18522014M. Le TemplierM. LefrancM. MènantM. Marie
18532014M. Le TemplierM. LefrancM. MènantM. Marie
18542014M. Le TemplierM. HardyM. MènantM. Marie
18552014M. Le TemplierM. HardyM. MènantM. Marie
18562014M. Le TemplierM. BouffaréM. MènantM. Marie
18572164M. Le TemplierM. BouffaréM. MènantM. Marie
18582164M. Loyer (Notaire)M. BouffaréM. MènantM. Marie
18592164M. LoyerM. BouffaréM. MènantM. Marie
18602164M. LoyerM. BouffaréM. MènantM. Marie
18612164M. LoyerM. BouffaréM. MènantM. Marie
18622245M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie
18632245M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie
18642245M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie
18652245M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie, Mme Viard
18662245M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie, Mme Viard
18672306M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie, Mme Viard
18682308M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie, Mme Bussard
18692308M. LoyerM. EnguehardM. MènantM. Marie, Mme Bussard
18702308M. LoyerM. EnguehardM. HavartM. Marie, Mme Bussard
1871-18722308M. BelletM. PielM. HavartM. Marie, Mme Bussard
18732234M. BelletM. PielM. HavartM. Marie, Mme Bussard
18742234M. BelletM. PielM. HavartM. Marie, Mme Bussard
18752234M. LefebvreM. GuichardM. HavardM. Marie, Mme Bussard
18772234M. LefebvreM. GuichardM. HavartM. Marie, Mme Bussard
18782383M. LefebvreM. GuichardM. HavartM. Marie, Mme Bussard
18792383M. LefebvreM. GuichardM. HavartM. Marie, Mme Hodin
18802383M. PerrinM. Guichard (Louis)M. HavardM. Marie, Mme Hodin
18812383M. GuichardM. BailleulM. HavardM. Marie, Mme Hodin
18822383M. GuichardM. BailleulM. HavardM. Marie, Mme Hodin
18892483M. CheftelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18902483M. CheftelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18912483M. CheftelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18922339M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18932339M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18942339M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18952339M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18962339M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18972455M. MorelM. GuichardM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18982455M. HaugomatM. LambertM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
18992455M. HaugomatM. LambertM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19002455M. HaugomatM. LambertM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19012455M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19022585M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19032585M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19042585M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Quentin
19052585M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Viard
19062585M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Viard
19072728M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Viard
19082728M. BailleulM. CossonM. LecacheuxM. Auvray, Mme Viard
19092728M. BailleulM. CossonM. CognaultM. Auvray, Mme Viard
1926-1969?Yves TIZON???
1969-1971?Fernand GUESDON???
1971-1977?Michel JUDAS???
1977-1983?BOIS???
1983-1989?Michel JUDAS???
1989-1995?Claude MENARD???
1995-2001?Joël LEROGNON???
2001-2014?Patrick LARIVIÈRE???
2014-2020?André DENOTAndre-Jean BELLOIRAndré FOURNIER 
2020-2026?Andre-Jean BELLOIRVincent BICHONLouis IKENDJE 

Évènements historiques

  • 1028 à 1035 – Construction d’une forteresse et d’un château fort à Pontorson.
  • 1030 – Le premier pont est établi sur le Couesnon par le Normand Orson.
  • 1031 – Construction des tours Brettes.
  • 1050 – Construction de la Chapelle Saint-Nicolas.
  • 28 septembre 1106 – La forteresse de Pontorson est détruite.
  • 1115 – Début de la construction de l’hôpital de Pontorson.
  • 1135 – Henri I , Roi d’Angleterre, ordonne la construction d’une église (Abbé Albert Beuve).
  • 1158 – La forteresse de Pontorson est reconstruite.
  • 1171 – Le pont en bois qui travers le Couesnon est détruit par le feu.
  • 1418 – Les Anglais s’emparent de Pontorson.
  • 18 juin 1419 – Les Français reprennent Avranches et Pontorson, le lendemain.
  • 1421/1450 – La ville d’Avranches retombe au pouvoir des Anglais.
  • 1469 – Louis XI  ordonne la restauration du château et des remparts de la forteresse.
  • 1570 – Gabriel de Montgomery  ordonne la construction du Prêche de Pontorson.
  • 25 juillet 1622  – Prédiction de la vision prodigieuse d’un aigle épouvantable apparu le 25 juillet entre la Normandie et la Bretagne proche de la ville de Pontorson.
  • 1627 – La forteresse et ses remparts sont détruits sur un ordre du Roi de France donnée en 1623.
  • 1666 – La grosse tour de l’église a subi d’énorme modification.
  • 15 mai 1736 – Un violent incendie détruit toute la ville de Pontorson.
  • 1791 – La paroisse de Cendre est supprimée.
  • 18 novembre 1793 (de 4h00 à 9h00 du matin) – Bataille entre les Vendéens et Républicains à Pontorson (Caugé).
  • 1861/1863 – Construction du pont actuel sur le Couesnon et disparition de l’ancien.

Famille Guischard de la Ménardière

La famille GUISCHARD de Pontorson

Informations recueillies par Olivier Lisein

Titre de noblesse en 1610
Certificats de noblesse en 1666
Crayon généalogique de 1887
Nobiliaire d’Avranches de 1765
Descendance des nobles certifiés en 1666
La branche de la Ménardière
La maison Guischard de la Ménardière

TITRE DE NOBLESSE EN 1610[1]

Lettres d’anoblissement de Pierre GUISCHARD Sieur et patron de Villers et du Moullinet demeurant au Pontorchon.

L’Armorial général de Rietstap[2] donne pour cette famille normande :

De gueules à trois grenades d’or[3]

Johannes Baptist Rietstap, qui était Hollandais et ne connaissait pas la région de Pontorson, aura malencontreusement écrit Tillières au lieu de Villières[4].

Carte de Mariette de la Pagerie en 1720
Villiers entre Pontorson et Saint-James

CERTIFICAT DE NOBLESSE EN 1666[5]

Parmi les noms, surnoms et demeures des nobles de la Généralité de Caen qui furent certifiés en 1666 par Guy Chamillart, officier royal et avocat général du roi (Louis XIV) au Grand Conseil, ceux demeurant dans la Sergenterie de Saint-James sont :

  1. Jean GUICHARD, demeurand à Villiere, dont la noblesse remonte à 1610 ;
  2. Isaac GUICHARD, demeurant à Pontorson, dont la noblesse remonte à 1610 ;
  3. Pierre GUICHARD, demeurant à Pontorson, dont la noblesse remonte à 1610.

Nicolas GUISCHARD du Moulinet décéda à Aucey[6] le 31 octobre 1665 et fut inhumé le 1er novembre à Sacey.

CRAYON GÉNÉALOGIQUE DE 1887[7]

Amédée Du Buisson de Courson proposa en 1887 le crayon généalogique suivant :

Bien que ce crayon soit correct, nous pensons que son auteur fait une confusion entre :

  • Pierre, frère de Jean et Charles, cité noble en 1666 ;
  • Pierre, frère d’Isaac, fils de Charles et neveu de Jean, qui n’a pas 12 ans en 1666.

NOBILIAIRE D’AVRANCHES DE 1765[8]

Car un nobiliaire d’Avranches, extrait des manuscrits du Dr Pierre Cousin, curé de l’église de Saint-Gervais à Avranches, mentionne explicitement l’un des trois nobles de 1666 :

  • Pierre GUISCHARD docteur en théologie de la sainte faculté de Paris grand maître du collège de Navarre à Paris, qui vivait en 1666, de gueules à trois grenades d’or couronnées la queue en bas.
De gueules à trois grenades d’or couronnées la queue en bas[9]

Pierre GUICHARD, cité noble en 1666, ayant acquis les titres et fonctions de docteur en théologie de la sainte faculté de Paris, de Grand Maître du collège de Navarre à Paris, de conseiller, aumônier et professeur du Roy en théologie en l’université de Paris, et de grand archidiacre et chanoine de l’Eglise et Cathédrale d’Avranches, aura voulu se distinguer de ses deux frères, Jean et Charles, en couronnant les grenades du blason familial. C’est ce qu’on appelle une brisure en Héraldique.

DESCENDANCE DES NOBLES CERTIFIÉS EN 1666

1) Jean GUICHARD, écuyer, Sieur et patron de Villiers, cité noble en 1666
Jean GUICHARD, écuyer, Sieur et patron de Villiers épousa le 7 novembre 1651 à Villiers-le-Pré[10] damoiselle Geneviève de CAMPION fille de feu Jean de CAMPION, écuyer Sieur d’Aubigny de la paroisse de Sainte-Suzanne, dont à Villiers-le-Pré :

1 – Nicolas, probablement baptisé le 11 septembre 1652, décéda le 12 septembre 1652, tandis que sa mère, Geneviève de CAMPION décéda en couches le 11 septembre 1652.

Veuf, il épousa en secondes noces le 1er avril 1669, avec dispense de deux bans et même dispense du caresme, en la chapelle du Pré Henry paroisse de La Fresnais, évêché de Dol, Renée Marie RAHIER , fille de noble homme Toussaint RAHIER[11] Sieur du Pré Henry et des Croix et de demoiselle Françoise de LESCU, dont :

2 – Jean Mathurin, baptisé le 2 mai 1671[12]. Ecuyer Seigneur et patron de Villiers, patron honoraire de la Croix, fils de défunt Jean Guischard et de noble dame Renée Marie Rahier, il épousa à Pontorson le 10 juillet 1696 Anne Julienne GUISCHARD, fille de son cousin germain Isaac GUISCHARD, après avoir obtenu dispense de consanguinité du second au tiers degré.

2) Isaac GUICHARD, écuyer, Sieur de Caugé, cité noble en 1666

Isaac GUISCHARD, écuyer, Sieur de Caugé[13] de Pontorson, épousa le 18 novembre 1668[14] dans la chapelle de Saint-Cosme et Saint-Damien dans le village de Brée en la paroisse de Tanis, damoiselle Magdeleine Anne LE ROY de la paroisse de Notre Dame des Champs, faubourg d’Avranches. En 1683[15], une assignation fut commise à la requête d’Isaac GUISCHARD, écuyer, sieur de Caugé, époux de Madeleine LE ROY, fille et héritière de Louis LE ROY, écuyer, sieur du manoir de Brée, contré Jean et François NEPVEU, tenants du fief de La Binolayes, de la paroisse de Saint-Laurent-Terrgaste.

Carte de Mariette de la Pagerie en 1720
Caugé à l’est de Pontorson

De leur union sont issus à Pontorson[16] :

  1. Jacques Louis, baptisé le 12 avril 1670 (ss : Louis Le Roy écuyer Sieur du Manoüer et noble dame Jacqueline Guyschard femme de François Artur écuyer Sieur du Meslier). Le 25 août 1685 a été inhumé dans l’église le corps de Jacques Louis Guyschard écuyer Sieur de la Menardiere, âgé d’environ 14 ans.
  2. Pierre, baptisé le 6 septembre 1671 (ss : Pierre Guischard docteur, conseiller, aumonier et professeur du Roy en théologie en l’université de Paris, grand Maistre de Navarre et grand Archidiacre et chanoine de l’Eglise et Cathédrale d’Avranches, et noble dame Marie Guischard dame de Godefroy).
  3. Rolland François, baptisé le 24 septembre 1672 (ss : Rolland Le Roy écuyer Sieur de Brée et noble dame Françoise Brunet femme de Louis Tardif écuyer Sieur de Moydré vice baillif de Costentin et Mortaing).
  4. Anne Julienne, baptisée le 26 novembre 1673 (ss : Pierre Guischard écuyer Sieur de la Ménardière et noble Dame Julienne Meslet femme de Charles Guiton écuyer Sieur de Biars).
  5. Jeanne Marie, baptisée le 5 mars 1675 (ss : Jean Guyschard écuyer Seigneur et patron de Villiers et noble dame Marie Thérèse de Vavignier).
  6. Jacques, baptisé le 4 septembre 1676 (ss : Jacques de Verdun écuyer Sieur de la Cranne résident en la paroisse d’Aucé et noble dame Maurie Guyschard veuve de défunt Estienne du Buat écuyer Seigneur et patron du Buat). Le 9 décembre 1679 a été inhumé dans l’église le corps de Jacques Guyschard écuyer, âgé d’environ 4 ans.
  7. Anne Julienne, baptisée le 24 janvier 1678 (ss : Guillaume de la Brouaize écuyer Sieur du Mesnil Ozenne conseiller procureur du Roy au Bailliage et Vicomté d’Avranches et noble dame Julianne Meslet femme de Charles Guitton écuyer Sieur de Biards). Noble damoiselle Anne Julienne Guischard, fille de défunt Isaac Guischard Seigneur de Cogé et de noble dame Anne Magdeleine Le Roy, épousa à Pontorson le 10 juillet 1696 Jean Maturin GUISCHARD écuyer Seigneur et patron de Villiers, patron honoraire de la Croix, fils de défunt Jean Guischard et de noble dame Renée Marie Rahier, après avoir obtenu dispense de consanguinité du second au tiers degré. Elle décéda subitement à Villiers-le-Pré le 14 mai 1705 et son corps fut inhumé dans le chœur de l’église dudit lieu.
  8. Nicolas, baptisé le 24 avril 1679 (ss : Nicolas Philippes écuyer Sieur de Forges et damoiselle Elisabeth de St Genys).
  9. Charles, baptisé le 9 avril 1681 (ss : Charles Guitton écuyer Sieur de Biard de la paroisse d’Argouges et noble Dame Hélène de St Genys veuve de Gabriel Artur écuyer vivant Sieur du Ronceray procureur du Roy à Pontorson et St James).
  10. François, baptisé le 4 novembre 1683, futur héritier de la Ménardière.
  11. Louis Jacques, baptisé le 17 juin 1685 (ss : Jacques de Verdun écuyer Sieur de la Crenne et noble dame Louise Agnès Le Mercier épouse Guillaume de la Broize écuyer Sieur du Mesnil Ozenne conseiller et procureur du Roy au Bailliage d’Avranches). Le 8 novembre 1688 a été inhumé dans l’église, à la porte du cœur, le corps de Jacques Guyschard écuyer, âgé d’environ 4 ans.
  12. Françoise Anne, baptisée le 12 février 1688 (ss : François Alexandre Le Roy écuyer Sieur de Brée Tanis et damoiselle Anne Julienne Guischard).
  13. Hélène, baptisée le 17 juin 1690 (ss : Pierre Jean Besnard écuyer Sieur de la Luzerne et damoiselle Hélène Artur damoiselle du Meslier).

Le 16 janvier 1696 fut inhumé dans l’église de Pontorson à côté gauche de feu madame Cogé son épouse, la personne d’Isaac GUICHARD, écuyer Sieur de Cogé, la dite inhumation faite par le Sr curé de Villiers où ont assisté plusieurs nobles.

LA BRANCHE DE LA MÉNARDIÈRE

La Ménardière est un hameau situé dans la commune de Carnet, à moins de 5km de Villiers-le-Pré.

Comparaison entre la carte IGN et la carte de Cassini en 1768[17]
La Menardiere entre Argouges et Carnet

Charles GUISCHARD écuyer, Sieur de la Ménardière, mort avant 1666

Charles GUYCHART, écuyer, Sieur de la Menardiere de la paroisse de Villiers, second fils du seigneur de la dite paroisse, épousa à Saint-Aubin[18] le 1er juillet 1642 Louise de POILVILAIN, fille et seule héritière de feu Jacques de POILVILAIN, Sieur des Landes, et de Louise de MARCHE de la paroisse de Saint-Aubin, dont sont issus :

  1. Isaac, cité noble en 1666. En 1677, une sentence fut obtenue au bailliage d’Avranches par Isaac GUISCHARD, écuyer, Sieur de Caugé, fils et héritier des sieur et demoiselle de la Ménardière, condamnant M. de Moidrey à passer titre nouveau de rente[19].
  2. Marie, épousa à Pontorson le 16 juillet 1669 Messire Jacques de GODEFROY écuyer, chevalier des ordres de Notre Dame du Mont Carmel et de Saint-Lazare.
  3. Anne Marie, épousa à Pontorson le 2 mai 1679 Paul de BRUNES écuyer Seigneur de Monloy et autres lieux de la paroisse de Pleine Fougère, évêché de Dol.
  4. Pierre, né vers 1655. Le 26 novembre 1673, Pierre Guischard écuyer Sieur de la Ménardière fut choisi comme parrain de la fille aînée de son frère Isaac Guischard.
    Le 9 juin 1676 a été inhumé dans l’église de Pontorson, proche l’autel du Saint-Rosaire du côté de l’évangile, le corps de Pierre GUYSCHARD, écuyer, Sieur de la Ménardière, âgé d’environ 21 ans.
  5. Renée, baptisée à Pontorson le 4 octobre 1655 (ss : Gabriel Artur écuyer Sieur du Roncerey et Demoiselle Renée de Keraly femme de Louis de Marsbodin écuyer Sieur de Vauvert et Vicomte de Pontorson et St James). Citée damoiselle des Vallées, c’est peut-être elle qui épousa à Pontorson le 24 octobre 1674 François TESSON écuyer Sieur de la Gilberdiere de la paroisse de Lolif.

Mademoiselle de la Menardiere décéda à Aucey[20] le 20 avril 1666 et fut inhumée en l’église Notre Dame de Pontorson.

LA MAISON GUISCHARD DE LA MÉNARDIÈRE

La maison Guischard de la Menardière, appelée Maison Romane, fut refaite en hôtel particulier par François en 1719, quand les ailes furent ajoutées.

Les anciens remparts de Pontorson[21]
Au centre ville la maison Guischard de la Ménardière – La porte de Caugé au sud-est

Nous pouvons encore voir aujourd’hui, un linteau de pierre intégré dans la façade côté jardin de la maison Guischard, située rue Saint-Michel à Pontorson :

Le blason et le centre du linteau ont probablement été burinés par les révolutionnaires, mais l’inscription est intacte.

Fait Bâtir Par François GUISCHARD… de la Menardiere 1719

François GUISCHARD, écuyer, Sieur de la Ménardière

François GUISCHARD fut baptisé à Pontorson le 4 novembre 1683, fils d’Isaac GUISCHARD, écuyer, Sieur de Caugé et de noble dame Anne Magdeleine LE ROY (ss : Nicolas Guiton, écuyer, Sieur de la Vilberge et noble dame Françoise Artur, femme de Charles de Marsbodin, écuyer, Sieur de Saint-Mores, conseiller du Roy et Vicomte de Pontorson).

1683 Baptême de François GUISCHARD

C’est suite au décès le 25 août 1685 de son frère aîné, Jacques Louis, écuyer Sieur de la Menardiere, âgé d’environ 14 ans et fils aîné d’Isaac GUISCHARD, Sieur de Caugé, que François hérita de la Menardiere.

François GUISCHARD, écuyer, Sieur de la Menardiere, fils de feu Isaac GUISCHARD, écuyer, Seigneur de Cogée et de noble dame Magdeleine Anne LE ROY, épousa à Pontorson le 21 février 1702[22], ayant obtenu dispense du deuxième ban, noble demoiselle Elisabeth ARTUR du Ronceré, fille de feu Gabriel ARTUR, écuyer, Sieur de Ronceray et de la Villarmoie et de noble dame Hélène de ST GENIS.

Leurs convenances de mariage[23] furent établies devant les tabellions royaux le 8 février 1702.
Les frères de la future épouse apportèrent en dot une terre nommée la Besnaye située dans la paroisse de Muée contenant 52 vergées tant en pré qu’en terre labourable, ainsi que plusieurs rentes pour un total de 3 000 livres.

De leur union sont issus à Pontorson[24] :

  1. Catherine, baptisée le 25 octobre 1702, elle décéda le 12 mars 1703.
  2. Gabriel, baptisé le 9 décembre 1704.
  3. Madeleine Françoise Elisabeth, baptisée le 20 avril 1706 (ss : Charles Guischard, écuyer, seigneur d’Aucé), épousa à Pontorson en juillet 1726 Pierre Auguste PHILIPPES, écuyer, Sieur de Villeneuve, de la paroisse de Pontorson. Elle décéda à Pontorson âgée d’environ 21 ans et fut inhumée dans l’église, à côté de l’autel du Rosaire, le 24 août 1727.
  4. Hélène Angélique, baptisée le 8 mars 1708 (ss : Jean Mathurin Guischard, écuyer, seigneur de Villiers), citée damoiselle de la Menardiere lorsqu’elle épousa à Pontorson le 16 novembre 1734 Louis de VERDUN, écuyer, Seigneur de la Cour du Bois et autres lieux, originaire de la paroisse de Wesin et habitant celle de Cormeray.

Le 2 mars 1734 a été inhumé dans l’église de Pontorson, proche de la porte du chœur, le corps de François GUISCHARD, écuyer, Sieur de la Menardiere, âgé de 51 ans.


Informations recueillies par Olivier Lisein

[1] Bibliothèque Nationale de France, Département des manuscrits, Cabinet des titres 754.
[2] La seconde édition, publiée en deux volumes en 1884 et 1887, contient plus de cent mille descriptions d’armoiries de toute l’Europe.
[3][9] Blason dessiné par Damien Breuls de Tiecken.
[4] En 1956, Villiers prend officiellement le nom de Villiers-le-Pré.
[5] Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 11927.
[6][20] Registres paroissiaux d’Aucey-la-Plaine.
[7] Généralité de Caen, recherche de la noblesse, faite par ordre du roi (Louis XIV) en 1666 et années suivantes, par messire Guy Chamillart, intendant, publiée intégralement et pour la première fois d’après plusieurs copies manuscrites anciennes par un membre de la Société des antiquaires de Normandie, Tome second, Caen, 1887, p.634.
[8] Avranches, Bibliothèque patrimoniale, Mélanges Pierre Cousin, ms 185, Nobiliaire d’Avranches, f°164.
[10] Registres paroissiaux de Villiers-le-Pré.
[11] Baptisée le 7 février 1635 à La Fresnais.
[12] Acte perdu dans les registres paroissiaux de Villiers-le-Pré.
[13] Hameau de Pontorson.
[14][16][22][24] Registres paroissiaux de Pontorson.
[15][19] D’après Sylvie Pôtel, https://gw.geneanet.org/sypotel?n=guischard&oc=&p=isaac.
[17] https://remonterletemps.ign.fr.
[18] Registres paroissiaux de Saint-Aubin-de-Terregatte.
[21] http://remparts-de-normandie.eklablog.com/les-remparts-de-pontorson-manche-a126951940.
[23] Archives départementales de la Manche à Saint-Lô, Notariat de Saint-James, 5 E 9445.

Grand incendie du 15 mai 1736

Au printemps 1736Pontorson subit un important incendie qui toucha une très large partie de la cité.

Une page des registres paroissiaux de la ville nous donne quelques informations complémentaires sur cet événement. Ce document conservé aux Archives départementales de la Manche  sous la cote 5 Mi 2051 fut écrit par le curé de l’église Notre-DameDe Bimaille Boullault.

« Incendie
Le quinzième de may de cette année mil sept cent trente six est « le porque » / d’une grande incendie, arrivée en cette ville de pontorson. Le feu pris a midi / sonnant (sans que l’on ait pu scavoir precisement comme cela arriva, la / première marque de l’on eut fut de voir le feu partir une couverture / de paille de particuliers qui n’estoient point dans leur maison et dont les portes / estoient fermées) d’une maison de la rüe de Tanie situé devant la croix / du cimetière, et après avoir pour ainsi dire consommé les quatres maisons / voisinnes, il fut porté par le vent qui estoit du Nord-Ouest sur la maison / du Sr Chauvin vis-à-vis le puid dany[1], et de là il fut porté en différents / endroits et puis en moins de deux heures à toutes les maisons de la rüe St Michel / des deux cotés, depuis le dit puid dany jusqu’à la rüe de Couesnon, et de fait / toute la rüe de Couesnon des deux cotés jusqu’au dessous du grand carrefour / compris la truie qui file et celle du Sr Maud ou est le porche – malgré tous les secours que l’on pu apporter toutes ces maisons furent consommés / et presque tous les estats de ceux qui les habitoient / et plusieurs maisons dont « venuesta » les toits. Le feu « favo… » par ces maisons / cn d’ailleurs la « postevité » qui a desordre fut grand non seulement pour les / incendiés parmys lesquels se sont trouvés plusieurs Messieurs Bourgeois et / gros marchands et trois maisons de condition dont la première appartenoit à Noble dame hélène de Verdun vve Charles de Marbodin et Seigneur de / Vauvert[2], la seconde à Noble dame madelaine « chartrue » vve de René Chartrue et Sgr / de la « Vilamoys », la troisième à Noble dame jeanne Lévêque vve de Gilles Tardif / seigneur de Moidré et de Vauclair qui ont fait des pertes considérables n’aiant / + mais « esclove » pour ceux qui ont estés rescapés de cet incendie qui ont estés obligés de [ ?] estaient [ ?] / presque rien faire on ne voioit que flames et la « foye » toutes ces / maisons bruloient, ce qui jetta une grande « Maune » dans cette ville. Le feu se consuma / plus de deux mois dans les débris et grâce au Seigneur il n’y eut personne de tué. Cette / incendie nous a donné ocassion de tacher de faire rafraichir les franchises de cette ville / et pour cet esfet on a député Mr Lecoq[3] vicomte de cette juridiction, qui quoi qu’il se soit / fortement emploié, protégé de plusieurs puissances n’a pu / réussir et toute la grâce qu’il a pu obtenir a esté cinq / années d’exemption de taille seulement pour les incendiés / et a condition qu’ils soioent imposés à cinq sols pour tenir toujours le rolle. De Bimaille Boullault. »

Une lettre conservée aux Archives départementales de la Manche  sous la cote 2 J 765 apporte elle aussi des informations sur l’incendie de Pontorson. Datée du 27 mai 1736, elle est signée d’un certain Allard et est adressée à Jacques Labé au collège du Plessis, rue Saint-Jacques à Paris.

L’auteur s’inquiète de son français et ajoute à côté de l’adresse du destinataire : « Si vous pouvez faire insérer mon petit / morceau, rectifier les termes qui ne seroient pas françois ». Nous en proposons ici les passages renseignant sur l’événement du 15 mai 1736 :

« J’ai reçu votre lettre […] pontorson n’est / plus, le feu a commencé en moins / de deux heures, toute la rue St Michel et / la grande des deux cotés également la / mienne comprise que je fait démantelés / avant que le feu y fut arrivé mais cela / ne l’empêcha pas di faire de grands / progrés, grâce à dieu la votre na point / de mal, puisque je suis logé avec ma femme / et mes deux enfans dans votre grande chambre / je vous prie de ne le point trouver mauvais / vous ferez le maitre du prix du loyer, jusque / a ce qu’il en ait été ordonné autrement / jatens de vous des motifs de consolation / bien que la perte partout icy, nous avons / aujourd’huy des officiers tabellions pour dresser / procés verbal des pertes, et nous nous préparons / a demander des grâces au roy sur nos nombreuses / exemptions, voudriez vous luy en parler en le rencontrant, au ( ? ) une exemption de taille pour 30 ans, / ne seroit pas un mal, madame poution le beau logis a m. « devauuer », mr de la / vilasmois[4], m. de la frusinière au haut / de la rüe, joubliais m. de maydré dont la belle bibliothèque valant plus de 6000lt / brulée, le grand coq dont pas une / vestige, enfin prié Dieu quil nous / consollé, sinon vouliez en vous promenant / aller chez Estienne gancau Libraire Juré / de l’université rüe St Jacque au ( ? ) / de Dombes proche la rüe du platre / imprimeur du Journal historique / le prier d’inscrire dans son journal : – / que le bourg de pontorson en basse / normandie, a été réduit en Cendre le mardy quinze may 1736, le feu commença / a midy, et en moins de deux heures il / se communiqua partout le bourg dont / la plupart des maisons netoinet couvertes / que de chaume et enfin quil ne reste / entre autres que trois a quate / maisons, que lon puisse apeller ainsi / le reste netatn que des chaumieres, / les meubles et effets des habitants ont été / incendié, nayant / pu en sauver que très peu, par la rapidité / du feu, (Il pourroit ajouter que ) ce bourg / est assez connu par son passage, / ayant été une des clefs de la France jusque a / la réunion de la bretagne à la couronne / et a jouy de très beaux privilèges puisque / depuis Charles Sixième, jusqu’à 1661 il a été exemps, déboutés sortes d’impositions / – il faudroit avoir la bonté de nous transcrire bien au net ce petit morceau et le prier de / lincerer cela ne nous pouvoit pas nuit car le journal est vu de bien des personnes / que nous allons employer pour nous rendre / services et tenter de nous faire décharger de /la taille […]
Monsieur, du deffunt pontorson, 23 may 1736. / Votre très humble et très obéisant serviteur / Allard. »

Article proposé par Joris Sanson

Avec l’aimable autorisation de la Société d’archéologie d’Avranches, Mortain et Granville

[1] L’abbé Beuve parle, lui pour sa part, du puits « Dany » ; malgré nos recherches, ce puits se confond avec beaucoup d’autres à Pontorson. Voir Abbé Beuve, Pontorson, Éditions Rue des scribes, 1946, p. 263.
[2] Louis Bodin, sieur de Vauvert fut vicomte, maire et juge politique de Pontorson et de Saint-James. Il reçoit des lettres de noblesse en 1653 et devient Louis Marbodin. Son fils Charles de Marbodin devient vicomte à la mort de son père en 1653.
[3] Pierre Lecoq est l’époux de Catherine Lecomte de Péval ; ils auront pour fille Julie Lecoq qui épousera en 1762 Burdelot, notaire à Avranches. Pierre Lecoq fut vicomte jusqu’à sa mort en 1770 laissant ensuite sa place à son gendre, dernier vicomte de Pontorson.
[4] Y lire : Villarmois.

Hôpital Saint-Antoine de la Charité

En 1115, les bourgeois de Pontorson achètent un fonds de terre de 40 hectares pour d’y établir un hôpital au bord du Couesnon. Par lettres patentes d’août 1353, le roi Jean II , dit Jean Le Bon, confirme l’établissement et accorde aux bourgeois de Pontorson la qualité de patrons fondateurs et présentateurs du prieur chapelain de l’hôpital. Il relève alors pour le spirituel de l’évêque de Dol-de-Bretagne et pour le temporel de la Normandie.

Sous l’ancien régime, on envoie l’excédent des prisonniers de la Bastille à l’hôpital de Pontorson, en faisant ainsi une sorte d’oubliette. À partir de 1644, sur recommandation d’Anne d’Autriche , la reine régente, et sur l’invitation spéciale du roi son fils, la gestion de l’hôpital revient aux frères de Saint-Jean de Dieu.

Quand les prisonniers d’État cessent d’être une ressource pour l’hôpital, naît le projet de recevoir davantage d’aliénés. À cette époque, leur travail est considéré comme un moyen thérapeutique. C’est aussi une source de revenus pour l’hôpital. Des constructions nouvelles sont alors envisagées avec des préaux ouvrant sur de beaux jardins. On remplace les cachots par des dortoirs, on crée des douches. Une ferme modèle exploite une partie des 40 hectares avec 50 vaches ou bêtes de trait, une porcherie et une basse-cour.

En 1855, ils sont 300 aliénés, employés à toutes sortes d’activités (travaux agricoles, bourrellerie, menuiserie, confection de chaussures). Les sœurs de la Sagesse de Saint-Laurent-sur-Seine sont alors à la tête de l’institution, jusqu’en 1809.

Dès 1819, l’asile de Pontorson est en mesure de satisfaire à tous les besoins du département pour héberger les aliénés et traite plusieurs fois avec le préfet de la Manche, mais il faut de longues négociations pour en faire un asile public.

Le bâtiment le plus ancien encore présent est la chapelle datant du 18e siècle. Il y a encore son ancien cimetière qui est visible sur la D997, juste au niveau du croisement avec la D4 (Pleine-Fougère/Combourg).

Depuis 1991, l’établissement est entré dans une politique de restructuration insistant sur la liberté du malade.

Depuis 2016, avec les Centres Hospitaliers d’Avranches-Granville , de Saint-Hilaire-du-Harcouët , de Mortain , de Saint-James  et de Villedieu , il fait partie du groupe hospitalier Mont Saint-Michel (GHT).

Vous reconnaîtrez qu’il s’agit du Centre Hospitalier de l’Estran .

Sources, WikiManche .

Louis Tanguy – Ancien Maire

L’article suivant est de la propriété de Monsieur Albert Yves DEHOUX, historien local. Il est diffusé avec son aimable autorisation.

De Trafalgar à Pontorson – Louis TANGUY (1781-1841)

Notice biographique par Albert Yves DEHOUX

À l’ombre d’un if, une simple pierre tombale, là repose Louis Tanguy, officier de la marine d’état, maire de Pontorson durant une décennie. Voici la surprenante destinée de cet édile peu connu, voire oublié, dont curieusement aucune de nos rues ne porte le nom.

Du mousse au lieutenant de vaisseau

Fils de Louis et de Marie Deschenais, Louis Julien Marie voit le jour en la ville de Saint-Malo le 12 novembre 1781.

Il n’a pas encore atteint ses huit ans lorsque le 9 avril 1789, il emparque sur « Le Neptune » en qualité de mousse, direction les bancs de Terre-Neuve  ; puis en 1790 sur « L’Union » et en 1791 sur « Le Mesnage », pour la même destination.

Le premier prairial an 6 (20 mai 1798), il est cité comme novice sur la flûte « Le Cormoran ». Ainsi début sa carrière au service de l’état, qui ne cessera qu’en 1817.

Aspirant de deuxième classe sur le lougre « Le Granville », il connaît « plusieurs affaires (sic) », contre les Anglais à l’occasion de la protection de convois de Brest à Saint-Malo.

Au gré de ses promotions et de ses multiples mutations, nous le trouvons successivement comme aspirant de première classe sur « L’Invicible ». Il participe à l’expédition de Saint-Domingue  sous les ordres du Général Leclerc, sur « La Révélation » puis sur « Le Pelayo ». Il commande un détachement de marins qui contribue à la prise de l’île de la Tortue et du Fort des Gonaïves. En l’an 11, il est sur « Le Desaix ».

Enseigne de vaisseau sur « L’Aigle », officier chargé des signaux lors du combat naval de Finisterre  ou « Bataille des Quinze-Vingts » (juillet 1805) puis Trafalgar  (octobre 1805). Par suite du combat, tous les officiers qui le précédaient dans la hiérarchie ayant été blessés ou tués, il reçut du Capitaine Gourrège, mortellement atteint, le commandement du vaisseau. « L’Aigle » se rendit après une belle résistance. Le lendemain, l’équipage captif se révolta contre la garnison de prise. Après plusieurs jours employés à la lutte contre la forte tempête qui succéda à la bataille, Louis Tanguy put ramener le navire à Cadix  avec le reste de son vaillant équipage, tous les blessés et les anglais prisonniers dont trois officiers.

Promu lieutenant de vaisseau sur la frégate « La Thémis », puis sur « L’Amélie » et « La Pomone ». Il est fait prisonnier suite au Combat de Pelagosa  ou « Combat de la Pomone » et est retenu à Malte  de novembre 1811 à août 1814.

Il tombe en demie solde jusqu’en octobre 1817 (avec une courte reprise de service à Brest en 1815). Ici prend fin de son service dans la marine d’état.

Retour à la vie civile

Le 17 février 1817, il épouse à Pontorson, Modeste Le Templier, de quinze ans sa cadette. Au moins deux enfants naîtront de cette union : Louis en 1818 et Edouard en 1829. De novembre 1817 à octobre 1824, Louis Tanguy devient capitaine gérant de « La Bonne Mère », au commerce avec les Antilles  et le Brésil .

En 1826, il sauve au péril de sa vie, un homme sur le point de se noyer dans la Baie du Mont-Saint-Michel . En 1829, à la naissance de son second fils (tous deux nés à Pontorson), il est cité comme lieutenant de vaisseau à la retraite domicilié à Pleine-Fougères.

Le 4 août 1830, il est désigné à l’unanimité, par élection, commandant de la garde nationale de notre ville, ce jusqu’au 16 septembre 1830, date à laquelle il est nommé Maire par le Préfet de la Manche. Il occupera cette fonction jusqu’à son décès.

Par ordonnance royale, il est nommé membre du conseil d’arrondissement d’Avranches de décembre 1830 à juin 1833. En 1831, 1832 et 1833, il est scrutateur du bureau définitif au collège électoral de la chambre des députés. Toujours en 1832, le Préfet de la Manche le nomme membre du conseil de révision.

En octobre 1834, un important incendie se déclare dans les ateliers de la maison centrale du Mont-Saint-Michel , puis dans la nef de l’église. Tout le monde s’empresse de porter secours, dont le Docteur de la prison, Gabriel Hédou (le fils du pharmacien de Pontorson) qui sera maire du Mont-Saint-Michel  de 1835 à 1839. Les gardes nationaux des communes voisines arrivent en renfort. Au matin (le feu a pris vers minuit) l’incendie est dominé. Le ministre de l’intérieur adressera à Louis Tanguy des témoignages de satisfaction pour la conduite et les services qu’il a rendu lors de ce sinistre.

En 1835, notre commune s’agrandit d’environ cent hectares distraits de celle de Boucey, ce, sur ordonnance royale. Notre édile y fut très certainement pour beaucoup.

Louis Tanguy est fait chevalier de la Légion d’Honneur  en juillet 1837, décoré en août à la Préfecture de Saint-Lô. Lors de la séance de la Société d’archéologie d’Avranches, en mars 1838, il fait lecture d’une « Notice sur la ville de Pontorson » (que l’on retrouve en 1842 dans le Tome I de cette société, pages 129 à 159).

En cette même année, il est cité comme l’un des membres fondateurs de la Société d’agriculture de l’arrondissement d’Avranches, avec un autre Pontorsonnais, Gabriel Hédou, pharmacien de son état.

Cet homme, à la vie peu banale, s’éteindra en notre commune le 28 octobre 1841. son épouse lui survivra plus de trente ans, elle rendra l’âme le 22 décembre 1872.

Personnalités liées ou nées à Pontorson

Robert de Torigni (1106 – 24 juin 1186) , quelquefois de Thorigny (Robertus de Torigneio), un chroniqueur normand, seizième abbé du Mont-Saint-Michel, de 1154 à 1186, grand bâtisseur, diplomate, historien et conseiller privé d’Henri II d’Angleterre. Robert devient en janvier 1162 châtelain de Pontorson.


Bertrand Du Guesclin (vers 1320 – 13 juillet 1380) , fut capitaine de Pontorson et du Mont-Saint-Michel.


Olivier V de Clisson (23 avril 1336 – 23 avril 1407) , est un grand seigneur féodal breton, connétable de France, comte de Porhoët, baron de Pontchâteau. Le 23 octobre 1370, Clisson s’allie avec Du Guesclin, par le serment de Pontorson.


Pierre de Rostrenen (? – 1440) , chambellan du roi Charles VII et lieutenant général du connétable de Richemont. En 1426, après la reprise de la ville aux Anglais, le connétable Arthur de Richemont lui confie la garde de Pontorson ; il y est qualifié de capitaine de Pontorson. Il est fait prisonnier en 1427 au cours des combats pour la défense du Mont-Saint-Michel, près de Pontaubault alors qu’il se rendait au secours d’Avranches.


André de Laure (? – 25 mars 1499) , est un bénédictin français, trente-troisième abbé du Mont-Saint-Michel, de 1483 à 1499. Chantre et archidiacre du monastère, et prieur de Pontorson.


Christophe de Thou (28 octobre 1508 – 1er novembre 1582) , un magistrat français, décédé à Pontorson, premier président du Parlement de Paris du 14 décembre 1562 à sa mort.


Gabriel Ier de Montgommery, seigneur de Lorges (5 mai 1530 – 26 juin 1574) , Comte de Montgomery tua accidentellement, lors d’un tournoi, Henri II de France. Il s’enfuit à Jersey où il se convertit au protestantisme et devient une grande figure de la Réforme en Basse-Normandie.


Gabriel II de Montgommery (vers 1560 – 13 juillet 1635) , mort à Pontorson, il fut officiellement gouverneur de Pontorson.


Marquise de Sévigné (5 février 1626 – 17 avril 1696) , elle dîna à Pontorson en mai 1689.


Louis Burdelot de Pontorson (23 juin 1735 – 3 mars 1797) , est un homme politique français. Avocat au parlement, conseiller du roi et maire de Pontorson, il se fit élire député du bailliage de Coutances le 28 mars 1789. Il siégea à l’Assemblée constituante, sans jamais y prendre la parole, jusqu’au 30 septembre 1791.


Jean-René de Verdun de La Crenne (5 avril 1741 – 3 août 1805) , est un officier de marine et scientifique français des XVIIe et XIXe siècles. Il participe à la guerre de Sept Ans et à la guerre d’indépendance des États-Unis. Son père est mousquetaire à cheval de la garde du roi et capitaine général des Garde-Côtes de Pontorson.


Michel Ange Mangourit (21 août 1752 – 17 février 1829) , est un diplomate et ministre français. Il est nommé lieutenant au bataillon garde-côte de Pontorson de 1770 à 1777.


Auguste-François Angot (25 avril 1763 – 4 juin 1841) , est un homme politique français. Nommé conseil général de la Manche jusqu’à la réforme de l’assemblée départementale de 1833, il est élu représentant du canton de Pontorson entre 1833 et 1839, et préside ce conseil durant cette période.


Abbé François Manet (15 janvier 1764 – 18 juin 1844) , né à Pontorson, est une personnalité religieuse de la Manche, également géographe. Grand érudit d’histoire et de géographie, il publie quelques ouvrages comme Biographie des Malouins célèbres (1824). En 18341, il publie « Histoire de la petite Bretagne ou Bretagne Armorique, éditions E Caruel ».


Auguste Joseph Tribout (24 novembre 1766 – 25 mars 1834) , est un général français de la Révolution et de l’Empire. Le 18 novembre 1793, il est battu par les vendéens à la Bataille de Pontorson.


Henri de La Rochejaquelein (30 août 1772 – 28 janvier 1794) , l’un des chefs de l’armée vendéenne au cours des batailles de la Révolution française. Lors de La Virée de Galerne (1793), il était présent à la bataille de Pontorson.


Hippolyte Abraham-Dubois (11 mars 1794 – 3 octobre 1863) , est un homme politique français. À la naissance de la Seconde République, il est élu à l’Assemblée constituante par les électeurs de la Manche, sur une liste de conservateurs et républicains modérés, 7e représentant sur 15, et au conseil général de la Manche pour le canton de Pontorson.


Victor Hugo (26 février 1802 – 22 mai 1885) , dans sa lettre « En voyage France et Belgique », il détaille sa visite de Pontorson durant l’été 1836, en compagnie de sa maîtresse Juliette Drouet. Il a 34 ans, elle en a 30. Après un passage en Bretagne, ils découvrent la Manche en charrette, de Pontorson au Cotentin, où ils vont passer une quinzaine de jours… À Pontorson, Victor Hugo découvre l’église. « Un admirable dessus d’autel de la Renaissance sur lequel le curé a plaqué le plus stupide des confessionnaux, écrit-il. On marche aussi de plain-pied sur un bas-relief du seizième siècle qui représente la Pentecôte et où il y a encore de vieilles peintures. » Trois jours plus tard, il est émerveillé par le Mont-Saint-Michel.


Auguste Chapdelaine (6 janvier 1814 – 26 février 1856) , martyr chrétien, fut vicaire à Boucey.


Gustave Flaubert (12 décembre 1821 – 8 mai 1880) , dans « Les champs et par les Grèves » au Éditions Fasquelle de 1924, lors de son voyage effectué en 1847, il parle de Pontorson aux pages 226 et 227.


Jules Verne (8 février 1828 – 24 mars 1905 , fait naître un de ses personnages à Pontorson (César Cascabel).


Théophile Jean Marie Busnel (13 juillet 1843 – 1918) , né à Pontorson, est un illustrateur et graveur breton. Il travaille pour François-Marie Luzel, Émile Souvestre, Paul Féval, Auguste Brizeux et Arthur de La Borderie dont il dessine l’ex-libris « Qui l’aborde rie ».


Émile Lemarié des Landelles (1847 – 1903), peintre du XIXe siècle, né à Pontorson, élève de Gérome et de Pelouse, on le retrouve dans la région de Pont-Aven et de Concarneau de 1875 à 1878. Il s’éteindra en 1903 à St Jean Le Thomas.


Marcel Proust (10 juillet 1871 – 18 novembre 1922) , cite Pontorson dans le premier tome de « À la recherche du temps perdu », « Du côté de chez Swann », dans la troisième partie Noms de pays : le nom, « Questembert, Pontorson, risibles et naïfs, plumes blanches et becs jaunes éparpillés sur la route de ces lieux fluviatiles et poétiques ».


Victor Louis Cuguen (1889 – 1969), peintre né à Pontorson (rue Hervé). Membre de l’académie du Var, il exposa dans de nombreuses galeries de la région de Toulon, en Normandie et en Bretagne.


Jean Gabin (17 mai 1904 – 15 novembre 1976) , le musée Jean Gabin, Ville de Mériel est à l’Initiative d’un Pontorsonnais.


Raymond Lelièvre (14 septembre 1915 – 2 février 1967) , est un journaliste et éditeur français. D’abord professeur d’histoire et de dessin à Pontorson, Raymond Lelièvre deviendra plus tard journaliste, éditeur et peintre reconnu.

Plans de Pontorson à travers le temps

Une idée de la ville de Pontorson vers 1427
Pontorson vers 1600
Pontorson vers 1616
Pontorson vers 1616
Pontorson vers 1616
Pontorson en 1635
Pontorson et la paroisse de Cendres en 1745
Pontorson en 1747
Pontorson en 1749

Possessions des Montgommery

L’article suivant est de la propriété de Monsieur Albert Yves DEHOUX, historien local. Il est diffusé avec son aimable autorisation.

Acre, arpent, vergée…

La numérotation des parcelles est identique à celle employée sur le cadastre de 1814. Nous pouvons donc déterminer les appellations, emplacements et superficies de chacune d’elles. Ainsi, l’actuelle Place Leclerc correspond à la parcelle 137 nommée « Le Grand Jardin » qui s’étendait sur 1.3 hectares, antérieurement citée pour « Environ 2.5 vergées ». Le calcul est donc simple, la vergée utilisée dans les actes qui vont suivre équivaut à plus ou moins 1 250 m² ; l’acre vaut 4 vergées soit environ 5 000m².

Un peu d’histoire

Après négociation et moyennant finance, le Comte de Montgommery consent à céder la place de Pontorson ; nous sommes en février 1621. Peu après, Louis XIII  ordonne le démantèlement de la ville fortifiée. En novembre de la même année, il fait don à Gabriel Collignon, conseiller et secrétaire du Roi « […] des Lieux et places tant du château de Pontorson, fossés d’icelui et de la ville du dit Pontorson que des éperons, fortifications détachées de la dite ville et du dit château […] et les démolitions qui en proviendraient, ensemble des maisons, jardins et autres lieux situés et assis au dedans de la dite ville qui appartenaient au sieur Comte de Montgommery […] ».

Il est présumable que Jacques III de Montgommery se substitue aux droits de Gabriel Collignon par l’effet d’un arrangement particulier. Redevenu propriétaire, il acquiert par la suite plusieurs portions de jardins et maisons de 1636 à 1643.

En 1674, un arrêt du Parlement de Rouen attribue différents biens au marquis Jean de Montgommery et à Suzanne, sa sœur, au titre de tiers coutumier (troisième partie des biens du père au de la mère accordée en propriété aux enfants) comme héritiers de Jacques leur père. Il résulte de cet acte que les biens situés à Pontorson, provenant du domaine du Roi, constituaient en la maison et jardin de Pontorson, les deux prés des fossés de la ville, ceux de la porte de Moidrey et un grand jardin adjacent, une maison et jardin proches de la porte de Caugé, un herbage avec colombier de plus de 60 livres de rente et le jardin de l’Éperon.

Étendue des possessions

En 1719, Jean de Montgommery, marquis du même nom, maréchal de camp, dernier héritier et sans descendance, vend ses biens à Jean Oursin , conseiller secrétaire du Roi, receveur général des finances de Caen. Un acte de la direction générale de l’enregistrement des domaines et forêts nous en fournit le détail :

« En Boucey, au lieu nommé les Couesnons, une petite maison avec grange contenant 8 vergées de terre. Une pommeraie appelée l’Éperon également de 8 vergées avec les fossés autour. En Saint-Georges et Moidrey, une terre nommée les Verdières d’environ 500 vergées. En Curey, la terre de Soulligny consistant en deux fiefs avec droits honorifiques, droits de chasse, colombier, deux bois taillis et une ferme contenant 300 vergées. ». Soit au total un peu plus de 800 vergées, environ 100 hectares.

En ce qui concerne Pontorson, le descriptif est fort précis :

« Un grand et un petit corps de logis, le jardin de la Grotte dans lequel il y a 4 bassins à jet d’eau, une grande écurie, grande cour et un jardin fruitier contenant 3 vergées de terre. Un pré appelé le pré du Colombier, où il y a un colombier au milieu en bon état, contenant environ 6 vergées de terre [en bas de la Rue Couesnon, en face de la supérette]. ».

Vis à vis de la maison, 3 prés dont l’un nommé l’Hormerie, le tout pour environ 18 vergées « […] Lesquelles prairies sont bordées du côté du chemin des vieux murs [l’actuel Boulevard Clémenceau]. Une autre prairie, des saulaies et les douves plantées en pommiers contenant environ 30 vergées et un pressoir et chambres au dessus appelé le Temple (en 1804, ce pressoir « tournant et éteignant » n’a qu’une vieille vis qui ne sert plus). Deux jardins potagers de plus de 120 livres de rente due par les particuliers qui ont des jardins dépendants des démolitions. ». Soit près de 70 vergées, environ 8 hectares, sans compter les lieux dont nous ignorons la superficie. Pontorson intra-muros comptait environ 15 hectares. Nous pouvons donc avancer que cette famille possédait une très grande partie de la ville.

En 1769, Jean Oursin  cède ses propriétés de Pontorson à Monsieur Desperais dont héritera par la suite sa sœur, Madame Dubois Delaunay. Cette dernière revendra ses biens à diverses personnes : l’emplacement du château à Monsieur Hallais, l’Éperon à Monsieur Hérembourg, les douves et la prairie de la Saulais à Monsieur Soudée, la prairie de la Barbais à Monsieur Verdel…

Le 21 Germinal An 12, Gabriel Hédou, pharmacien et François Barot lui achètent l’actuel Hôtel Montgomery , les jardins environnants et le Prêche, soit une propriété de 2 hectares s’étendant à l’ouest de l’actuel Boulevard Patton à la Rue Notre-Dame à l’est, de la Rue Couesnon au sud à l’actuelle Rue Hédou au nord. Peu de temps après, François Barot revendra une grande partie de sa part à Gabriel Hédou.

Prise de Pontorson en 1799 par les Chouans

Le 18 septembre 1799, à trois heures du matin, une troupe de 140, à 250 chouans commandés par Joseph Picot de Limoëlan , commandant de la division de Fougères, entre dans la ville de Pontorson. La garnison, composée de la gendarmerie, de la garde nationale et des hommes de la colonne mobile, n’oppose aucune résistance.

Un seul des habitants, Gabriel Hédou, pharmacien et agent municipal, tente de combattre. Il devait mener le jour même les conscrits de Pontorson à Saint-Lô . Alors que les chouans se portent à sa pharmacie, il les accueille de deux coups de fusil, en tuant un et en blessant un autre. Il franchit ensuite une porte dérobée et parvient à s’enfuir à travers champs. En représailles, les chouans livrent sa demeure au pillage.

Craignant que les coups de fusil n’avertissent les cantonnements voisins, les chouans se retirent. Les républicains sont auparavant désarmés, puis laissés libres. À 6 heures, après avoir saisi 112 fusils, les chouans quittent la ville et se retirent du côté d’Antrain sans être inquiétés.

Terrain d’aviation de Boucey (A.28)

Avant-propos

À l’Association Bretonne du Souvenir Aérien  nos recherches sur les avions américains tombés en Ille-et-Vilaine et en Côtes d’Armor en 1944 nous ont conduites à nous intéresser aux aérodromes provisoires que la 9ème AIR FORCE construisait pour ses missions. Nous avons porté notre attention sur A.28 PONTORSON construit en août 1944 sur le territoire de la commune de Boucey dans le département de la Manche. Certes en Normandie, mais proche du sol Breton. Nos investigations nous ont permis d’écrire ce qui suit.


ALG A.28 PONTORSON. Aérodrome Américain de BOUCEY (Manche)
Du 15 août au 26 septembre 1944
Advance landing grounds of ninth US Army Air Force (Terrain d’aviation avancé de la 9ème force aérienne Américaine)

Mardi 6 juin 1944 : suite à quatre ans d’occupation allemande la côte Normande au nord de Carentan/Bayeux/Caen est sous le feu d’une effroyable bataille. Des milliers de navires arrivent depuis 6 heures le matin sur les plages, débarquant d’hommes et matériels sous un feu incessant de l’ennemi. Ce dernier se défend avec acharnement. Passé la surprise, il s’organise et ne veut pas céder. La Normandie va subir de durs combats où vont entrer en action tous ces hommes venus de par le monde pour rompre ce joug nazi qui oppresse l’Europe depuis quatre ans. Malheureusement la population locale va subir le martyr et la destruction, les soldats alliés également vont payer un très lourd tribu.

Tout a été prévu depuis de longues dates en Angleterre. Les états major alliés ont établis des plans audacieux. Cette opération a été appelée OVERLORD , plan d’invasion très élaboré ou rien n’a été laissé au hasard. Le régiment qui nous intéresse, va se distinguer particulièrement dès les premiers moments de cette offensive, en établissant la première piste d’atterrissage pour les avions gros porteurs sanitaires destinés à l’évacuation des premiers blessés. Le 6 juin à 10 heures du matin, un détachement de 50 hommes du 819ème bataillon du 9ème Bataillon du Génie de l’Air, commandé par le Colonel Max Crory prend pied sur la plage d’Utah Beach . Plage située à l’ouest du plan d’invasion. À cette heure, cette plage est sous le feu intense des Allemands. Les nids de mitrailleuses ne sont pas encore neutralisés. Le groupe tout entier se terre dans les dunes et reste cloué au sol depuis un long moment. Soudain au milieu de cette matinée une accalmie. Les tirs ennemis deviennent plus rares. L’ordre est donné de faire mouvement, les soldats s’affairent à récupérer leurs matériels lourds et rejoignent l’emplacement qui leur a été désigné avant leur départ. Immédiatement le travail commence. À 18 heure 30les bulldozers, les scrapers et engins lourds construisent la piste du premier terrain d’aviation que l’on nommera l’ELS, Pouppeville ou piste d’atterrissage d’urgence longue de 660 mètres où l’on verra à 21 heures 30 atterrir le tout premier avion. C’est une prouesse. À cette heure, l’on entend toujours les tirs sporadiques de l’ennemi qui recule lentement. Le 819ème Bataillon du Génie de l’Air US recevra à ce titre l’attribution exceptionnelle de la Presidential Unit Citation (est décernée aux unités des Forces armées des États-Unis et de ses alliés, pour héroïsme), rendant honneur a ces valeureux soldats.

Dès le lendemain du 7 juin, le 819ème Bataillon du Génie de l’Air US, organise la construction de l’aérodrome A.6 Beuzeville, situé prés de Sainte-Mère-Église . Le travail a été intense ces dernières heures. Beaucoup de mouvements de véhicules ont eut lieu dans la nuit. Dix jours suffiront pour la construction de cette piste de 1 100 mètres qui sera vraiment opérationnelle le 2 juillet. Les aérodromes évoluent au rythme de l’avancée des combats. Ils sont au plus près des zones de batailles, ce qui n’est pas sans risques. Avant cela, déjà, un détachement de quelques hommes est parti en reconnaissance pour étudier le futur terrain de Creteville, qui sera nommé A.14. Sur ce terrain sera construit une piste de 1 100 mètres. Creteville sera opérationnel le 14 juillet.

Photos US Army

Fin juillet les ingénieurs du Génie de l’Air se rendent à Boucey dans le sud du département de la Manche près de Pontorson. Ils ne sont qu’une petite équipe, chargée d’envisager la construction d’un cinquième aérodrome, qui sera sur cette commune. L’avancée alliée se faisant, il devient urgent que la force aérienne américaine dispose d’un terrain d’aviation en vue de la libération de tout l’ouest de la France, mais aussi de l’avancée vers l’est (un autre terrain sera établi, à Saint-James A.29). Tandis que les autres terrains utilisés en Bretagne par la Luftwaffe  seront investis par la 9ème Air ForceRennes, A.27Gaël A.11Vannes A.33.

À Bouceyla population s’interroge de la présence de ce détachement sur son territoire. Elle n’ignore pas bien sûr la difficile libération de la région d’Avranches ces temps derniers. L’officier commandant ce groupe informe les riverains du lieu dit « La Plaine » du projet d’implantation provisoire d’un aérodrome. C’est une surprise pour tout le monde. Très vite un régiment arrive pour aider les agriculteurs à rentrer rapidement les récoltes. Et le 7 août la surprise est encore plus grande quand les habitants de Boucey découvrent l’armada d’engins inconnus qui bouleversent rapidement leurs paysages. Toute proche la ville de Pontorson vient d’être libérée. Les libérateurs sont obligés de contenir les visiteurs qui découvrent ces travaux de grande envergure. En ce 7 août une partie de l’armée du Général Georges Patton  est aux portes du Mans l’autre tend à l’ouest. Quatre bulldozers sont à l’œuvre, poussant la terre devant eux. Les soldats qui les pilotent se relaient toutes les deux heures car ce travail poussiéreux est harassant. Très vite la piste se profile. La terre arable est déposée assez loin sur les côtés pour pouvoir par la suite être remise en place. Deux cent hommes s’activent à cette tâche difficile. La logistique s’installe petit à petit. L’intendance sous les ordres de l’officier Malcolm Finley est vite opérationnelle, bien rodée à sa tâche et ayant déjà servi sur les aérodromes précédemment installés en Normandie. Les travaux avancent très vite. La sous couche du terrain apparaît. Des engins scrapers sont chargés du nivellement. Très vite des équipes spécialisées vont entreprendre la pose d’un revêtement inconnuinventé par un Canadien nommé Hessian et qui va appeler cette couche bitumée, l’Hessian Mat. Appelé aussi PBS pour prefabricated bituminous surfacing. Ces plaques en rouleau mesurent 61 mètres sur une largeur de 2 mètres. Les soldats du Génie les superposent par endroit pour bien solidifier la piste. Elles sont soudées entre elles par un solvant. Au fur et à mesure de cette pose, un camion GMC dans lequel sont entreposés des fûts de solvants avance et délivre la dose nécessaire au raccord de deux plaques. Travail rapide car un engin spécial a été conçu pour ce travail. Derrière des engins aux multiples roues jumelées aplanissent la piste. Très vite derrière on pose les rouleaux de treillages en acier à mailles carrées appelé SMT (Square Mesh Track).

Photographies – pièces collection particulière

Sur le côté de la piste ce grillage est fixé par de gros pieux en acier de deux longueur, les uns de 90 centimètres, les autres de 50 centimètres. Les plaques entre elles sont reliées par des clips en acier que les soldats du Génie posent au marteau.

Photo collection Footnote

La piste de l’aérodrome de Boucey était une des plus longues des 30 réalisées par l’Armée Américaine en Normandie en 1944. Elle avait une longueur de 1525 mètres pour une largueur de 40 mètres. Sachant qu’une bande de roulement en herbe de chaque côté de la piste faisait 80 mètres. Donc la zone d’atterrissage faisait au total 200 mètres de large. À chaque extrémité de piste, un grand terre plein grillagé lui aussi servait au regroupement des avions avant le décollage. Cette piste était orientée ouest-est. À l’ouest « Le Tertre Burel » et à son extrémité Est les abords de la ferme de la « Fougerais ». Au nord de cette piste principale avait été réalisée une piste de service pour y stationner les véhicules incendie ainsi que le stationnement des ambulances et les véhicules annexes des personnels médicaux. La maintenance aviation y avait place avec groupes électrogènes. Aux extrémités étaient positionnés les énormes projecteurs adjoints de leurs propres générateurs. Cette piste avait toujours un accès libre de circulation pour tous les véhicules. Au nord prés de la voie ferrée furent organisés deux dépôts d’essence. Au nord du village de la « Hacherie ». Au lieu dit la « Grande fontaine », deux grandes cuves préfabriqués furent installées pour y contenir le carburant avion, plus proche de Pontorson mais toujours près de la voie ferrée un dépôt, où s’entassait une montagne de jerrycan. Près du village de la « Hacherie », un témoin raconte avoir vu une prison de barbelés où séjourna un moment un soldat américain. Ce n’était pas spécifique à l’A.28, on retrouve ces geôles sur tous les terrains. Entre la piste précitée et le chemin de fer étaient installée des batteries de DCA  (Défense contre aviation) placées dans des encuvements creusés dans le sol et pouvant atteindre un mètre. Une ceinture de DCA était également installée dans la bordure sud proche de la piste du parking avion. Un témoin raconte ce bruit terrible de ces batteries antiaériennes se déchaînant quand des avions allemands s’approchaient. La population proche, on peut facilement le comprendre, craignait ces attaques. De vraies menaces pour leurs vies. Heureusement il n’en fut rien.

Batterie de DCA et projecteur d’aérodrome de marque GÉNÉRAL ELECTRIQUE

La piste principale terminée, les soldats du Génie renforcèrent les deux zones d’attente des avions appelées hard-stand à chaque extrémité. Ensuite et rapidement les travaux de construction de deux pistes parking avec emplacement pour chaque avion furent créées au sud. L’espace entre chaque parking avion était de 15 mètres. Le parking était également recouvert de treillage acier et disposait de deux plots fixés dans le sol avec un chaînage qui servait au maintien de l’avion lorsqu’il n’était pas utilisé et quand les mécaniciens faisaient les essais moteur. L’encrage sur l’avion était fixé sous chaque aile. Chaque matin, très tôt, les moteurs tournaient, pour voir si tout était normal à bord. Un témoin nous rapporte ce bruit intense de toutes ces mécaniques fonctionnant ensembles suivies ensuite de ces décollages pour une première mission. Les deux pistes sud étaient parallèles à la piste principale. La plus au sud avec une desserte approchait le cantonnement de la troupe. De nos jours une brèche d’une vingtaine de mètres dans le talus d’un champ demeure le seul vestige visible de tout cet ensemble.

Le cantonnement était installé au nord ouest du village du « Flechet ». Il était important et regroupait un grand village de toile. Un réfectoire et une cuisine y étaient joints. Il comportait aussi un groupe directeur des volsqui assurait la sécurité de tout l’A.28À 200 mètres de ce camp existait aussi un dépôt d’essence en jerrycans de dimension moyenne. Toujours près du « Flechet » au lieu dit « l’Epine Chesnel » un dépôt de bombes était installé dans un champ clos de talus et plantés de grands arbres. Ces bombes de 250 kilos étaient disposées à même le sol sur une hauteur de 1 mètre. Ce dépôt était approvisionné en permanence. Un témoin raconte les colonnes de camions GMC sur la route d’Antrain, souvent en double file, affluant vers l’aérodrome apportant tout ce dont avait besoin l’ensemble. Au carrefour de la route d’Antrain et de la route qui va au village du « Flechet » sur la gauche, dans un champ était installé le dispensaire médical d’aviation. Des médecins dont un chirurgien, aidés d’infirmières étaient en attente pour les soins à dispenser si besoin. Ce chirurgien américain fut appelé à soigner quelques personnes de Boucey. Il faut noter également au nord du village du « Flechet » ce petit poste de MP. Soldats affectés à la Police Militaire (Military Police) prévus pour le maintien de l’ordre dans la troupe USLe Poste de commandement était installé au « Clos Houet » à l’ouest de la piste de desserte nord. Les officiers de L’USAAF logeaient en ville mais en permanence assuraient à tour de rôle leur travail au PC.

La jeep Jaune est une authentique FOLLOW ME (Suis Moi). Collection MD

Le dimanche 13 août 1944 la population de Boucey et des environs fut invitée à visiter l’aérodrome avant sa mise en service. Il y avait foule. Le contact avec les militaires Américains fut excellent et perdure toujours dans la mémoire des témoins. On notait parmi eux des gens de couleur. Les jours précédents, certains d’entre eux pilotaient les lourds engins de terrassement .La population fut très surprise d’entendre certains soldats américains parler français, ayant même parfois l’accent de nos terroir. Ils venaient de Louisiane, terre des Cajuns, ayant eus pour ancêtres, de lointains parents émigrés venants de Vendée, Normandie et de Bretagne… au 18ème siècle. Ou victimes de ce que l’on appelle Le grand dérangement organisé par les Canadiens les chassant d’Acadie à la même époque. La langue française était restée ancrée au sein de ces descendants d’émigrés qui ne voulaient pas perdre leurs racines familiales. Ils étaient très fiers de participer à la LIBÉRATION de la France. Des liens d’amitié se créèrent avec des familles Normandes. On apprend que de nos jours les descendants actuels n’ont pas repris le flambeau et ne parlent presque plus notre langue.

Le 15 août 1944 fut un grand jour. En effet, tout d’abord la météo était très clémente, mais aussi en milieu de journée le ciel de Boucey vit arriver les premiers avions. Un témoin raconte… Nous avons été attirés par le bruit de tous ces avions, ils brillaient dans le ciel bleu, nous savions que tout ça servait à la libération de notre pays. Nous en étions très heureux. Ce que nous craignions le plus c’était parfois les approchent des avions allemands prêts à nous bombarder mais la DCA (défense contre Aviation) Américaine était particulièrement efficace. Il ne nous est rien arrivé. Toute cette armada bien bruyante se posa sans encombre sur la piste A.28.

Colonel Cécil. L.Wells

Ce groupe de combat était le 358th Fighter Group , de la 9ème US AIR FORCE, il était commandé par le Colonel Cécil. L.Wells.

Il était composé de trois squadrons (escadrilles) les 365th Fighter Squadron ; le 366th Fighter Squadron et le 367th Fighter Squadron, qui avait hélas perdu un jeune pilote de 20 ans la veille même au cours d’une mission près de Rânes dans l’Orne, le Lieutenant Guiamalva. Tous ces aviateurs sont déjà des pilotes chevronnés malgré leur jeune âge. Ils sont arrivés venant de Creteville (A.14) dans le nord du département de la Manche. Ils ont participé activement aux batailles de Saint-Lô et d’Avranches. Leurs missions, qui vont demeurer les mêmes au départ de Boucey ont été les attaques de blindés, de convois allemands et tout ce qui anéantira l’occupant.

P-47, serial 42-28439 du 366th Fighter Squadron , 358th Fighter Group, « les orange tails »

En ce 15 août 1944, on compte sur l’aérodrome de Boucey une centaine d’avions. Tous des Republic P-47 Thunderbolt . Cet avion est le fruit de l’imagination de son concepteur Alexander Kartveli  qui lors de l’élaboration du projet en 1941 a eut un COUP DE FOUDRE pour son invention, coup de foudre se traduisant par THUNDERBOLT. Donc s’en était joué de ce P-47 Thunderbolt que l’on assembla principalement dans l’usine du constructeur Américain Republic Aviation  à Farmingdaleprès de Long Island puis en seconde usine à Evansville dans l’Indiana. Cet avion de combat pesait 7 tonnes et il fallut adapter un moteur très puissant. Le moteur Pratt & Whitney  fut choisi. Moteur en double étoile de 18 cylindres de 2535 chevaux qui propulsait l’avion à 500 kilomètres heure au décollage.Une force très appréciée des pilotes et en vol donnait beaucoup de ressources lors des attaques et des combats. Sa forme générale très caractéristique l’avait fait surnommer le tonneau volant ou encore la cruche (The Jug) par ses servants. Ce même jour arrivèrent aussi toute la maintenance aéronautique nécessaire au suivi de tous ces aéronefs. Les pilotes seront logés dans des hôtels de Pontorson tout proche. Un service de Jeep avec chauffeurs assurait leurs déplacements sur la baseLa moitié de ces avions était opérationnelle en permanence, prête à intervenir très rapidement. Les services aux parkings étaient aussi très rapides. L’essence avion était délivrée par camion citerne GMC avec remorque. Pour l’approvisionnement en munitions, tout se faisait aussi très vite. Un train de 5 à 6 petits chariots sur roues à pneus portant 5 à 6 bombes partait du dépôt de munitions passait près du village de toiles et rejoignait les parkings, passant sous chaque aile. Il fallait environ dix secondes pour placer chaque bombe, qui n’était armée qu’au dernier moment. Un artificier vissait une fusée d’ogive rendant ainsi la bombe opérationnelle. D’autres artificiers bien entraînés armaient les tiroirs de munitions pour les 8 mitrailleuses d’ailes en calibre 50 (12,7 mm). Ces munitions étaient acheminées par camions qui se rendaient directement aux abords des parkings, elles n’étaient pas stockées sur place. Dès le 16 août les missions commencèrent au rythme de trois par jours, très éprouvantes pour les pilotes. Dans les archives on retrouve deux incidents lors de la présence de l’A.28 sur Boucey, le premier le 22 août 44, le Lieutenant Johnson Alvind s’est écrasé sur la piste au retour d’une mission endommageant son avion mais n’étant pas blessé lui-même.

Photos de l’auteur / Photos du moteur d’un P-47. Collection Jean-Michel Martin

L’ALG A.28 Pontorson fut opérationnel du 15 août au 11 septembre 1944, jour où le 358ème FG s’envola vers Villacoublay (Yvelines), au sud-ouest de Paris.

Le « Big Dick » du 61st Group Troop Carrier, 59th Troop Carrier Squadron – Photos collection GC et NICOLAS

Du 11 au 26 septembre quelques gros porteurs C-47 Skytrain  se posèrent à Boucey brièvement pour récupérer des soldats américains blessés et les amener vers des hôpitaux anglais. Un témoin se souvient d’avoir vu un Dakota en phase d’atterrissage sur l’aérodrome.

Le 819ème Bataillon du Génie quitta Boucey le 14 septembre pour aller construire une piste d’atterrissage à Vitry-le-François dans la Marneappelée A.67. Le 26 septembre 1944, le terrain tout entier fût rendu à ses propriétaires. Les américains leur laissant le soin de remettre en place la terre arable en ayant récupéré tout ce qui s’y trouvait préalablement. Les plaques bitumées longues de 61 mètres furent découpées. Les treillages en fer à mailles carrées furent découpées et distribuées pour en faire des clôtures, des barrières ou comme fer pour armer le béton et bien d’autre usage. Il est très facile de voir de nos jours ces éléments dans toute la campagne Normande, en parfait état de conservation. Aujourd’hui rien ne subsiste de cet aérodrome américain, seul le souvenir bien vif de nos témoins Messieurs Lelandais et Martel qui ont bien voulut éclairer notre recherche dans ce travail de Mémoire. Nous les remercions bien sincèrement. Merci également à Monsieur Pierre TouquetteMaire de Boucey ainsi que Monsieur Gilbert Gabriel ancien MaireMerci également a Monsieur Lelandais fils pour son aide.

Le 13 juillet 1999 l’officier d’intendance le Major Malcom Finley est venu à Boucey retrouver des amis rencontrés lors de sa présence en 1944.
Il inaugura la stèle du souvenir érigée au « Tertre Burel ».

Ce même lieu verra revenir le 8 juillet 2001 une vingtaine d’anciens pilotes qui déposeront une gerbe du souvenir au pied du monument. Pour terminer ce récit le souvenir des excellentes relations établies entre la population et les soldats américains qui de temps en temps échangeaient une bonne bouteille de goutte contre de l’essence, n’hésitant pas offrir à tous toutes ces friandises et diverses choses qu’ils apportaient avec eux. L’armée de l’Oncle Sam avait tout prévu.

Photos Gérard Bazin et perspective de la piste de nos jours (photo de Gérard Bourel)

Jean-Michel Martin et Gérard Bourel, Association Bretonne du Souvenir aérien. Le 31 août 2009.

Avec mes remerciements à Pierre Philippine, Daniel M et Philippe Dufrasne.

Article original disponible sur le site internet de l’Association « absa3945 » .

Avec l’aimable autorisation de Monsieur Daniel DAHIOT.